Pourquoi je me reconnais dans le chemin des Madeleines ?
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Une blessure qui traverse les générations
Je crois que l'une des raisons pour lesquelles je me reconnais profondément dans le chemin des Madeleine, c'est parce que j'ai vécu ce que beaucoup de femmes vivent en silence : la transmission des blessures.
J'ai été élevée par une maman qui portait elle-même de nombreuses souffrances.
Des blessures qu'elle n'avait jamais guéries.
Des colères.
Des peurs.
Des manques.
Des blessures qui existaient bien avant ma naissance.
Comme beaucoup d'enfants, je n'ai pas compris cela lorsque j'étais petite.
Je pensais simplement que quelque chose n'allait pas chez moi.
Je cherchais désespérément à être aimée, reconnue, acceptée.
Je faisais toujours plus.
J'essayais d'être parfaite.
J'essayais de mériter l'amour.
Mais lorsqu'une femme porte des blessures profondes qu'elle n'a jamais pu guérir, elle transmet souvent malgré elle ses douleurs à ses enfants.
Non par méchanceté.
Non par choix.
Mais parce qu'elle ne peut offrir que ce qu'elle possède elle-même.
Pendant longtemps, j'ai porté ces blessures.
Puis j'ai commencé à comprendre que mon histoire ne commençait pas avec moi.
Qu'avant moi, il y avait ma mère.
Avant ma mère, il y avait ma grand-mère.
Et avant elle encore, d'autres femmes qui avaient elles aussi connu leurs propres souffrances.
C'est là que j'ai commencé à comprendre ce que les Madeleines appellent la guérison des lignées.
Non pas accuser.
Non pas condamner.
Mais comprendre.
Voir.
Accueillir.
Transformer.
Aujourd'hui, la vie me confronte à une autre blessure.
Ma propre fille a quitté la maison.
Elle ne me parle plus.
Et je ne vais pas mentir.
Cette douleur est immense.
Parce qu'il n'existe probablement pas de blessure plus profonde pour une mère que de sentir son enfant s'éloigner.
Parfois je me demande ce que j'aurais pu faire différemment.
Parfois je me remets en question.
Parfois je pleure.
Parfois je suis en colère.
Parfois je suis simplement triste.
Mais cette situation m'a aussi permis de comprendre quelque chose d'essentiel.
Je ne suis plus la petite fille que j'étais.
Je ne suis plus condamnée à répéter ce que j'ai vécu.
Je peux choisir une autre voie.
Je peux choisir l'amour même lorsque ça fait mal.
Je peux choisir la conscience plutôt que la réaction.
Je peux choisir la guérison plutôt que la culpabilité.
Le chemin des Madeleine m'a appris que certaines blessures ne viennent pas nous détruire.
Elles viennent nous enseigner.
Elles viennent nous montrer ce qui demande encore à être aimé.
Elles viennent nous inviter à briser des cycles qui parfois durent depuis plusieurs générations.
Aujourd'hui, je ne prétends pas avoir toutes les réponses.
Je suis encore en chemin.
Je suis encore une femme qui apprend.
Une mère qui apprend.
Une fille qui apprend.
Mais je sais une chose :
Je refuse que la souffrance soit le dernier mot de mon histoire.
Je refuse que les blessures héritées définissent mon avenir.
Je refuse que la séparation soit plus forte que l'amour.
Et c'est aussi pour cela que je me reconnais dans la voie des Madeleine.
Parce que cette voie n'est pas celle des femmes parfaites.
C'est celle des femmes qui tombent.
Qui pleurent.
Qui doutent.
Qui se relèvent.
Et qui choisissent malgré tout de continuer à aimer.